De l’invention à l’exploit : André Citroën et la Croisière Jaune

André Citroën, pionnier de l’industrie automobile, était également un maître de la communication. Il le démontre en imaginant en 1931 la Croisière Jaune, un raid automobile devant relier Beyrouth à Pékin.

André Citroën, pionnier de l’industrie automobile

André Citroën en 1932

Né en 1878 à Paris, André Gustave Citroën est le fils d’un diamantaire néerlandais émigré à Paris et d’une mère polonaise, dernier garçon d’une fratrie de 5 enfants.

Intéressé par les sciences et techniques et bon élève, il intègre l’École Polytechnique en 1898, se destinant à une carrière d’ingénieur et d’industriel.

 

Suite à une visite à sa famille polonaise en 1900, il propose d’acheter la licence d’un procédé de fabrication pour des engrenages aux dents taillées en V. Il améliore l’idée mais doit d’abord terminer ses études et effectuer son service militaire avant de pouvoir lancer la production.

 

Il acquiert ensuite son expérience dans le secteur automobile en devenant directeur général administrateur du constructeur automobile Mors.

 

Il s’associera avec Jacques Hinstin et André Boas pour fonder « Citroën, Hinstin et Cie », spécialisée dans la fabrication d’engrenages, avec laquelle il fera fortune. Il déposera de nombreux brevets dans différents domaines dont celui de l’automobile et deviendra Président de la Chambre Syndicale de l’Automobile et des Industries.

Logo Citroën

C’est après la guerre, en 1919, qu’il fonde Citroën avec le célèbre logo aux chevrons qui n’a que très peu évolué au fil du siècle d’existence de la marque.

 

Il n’aura dès lors de cesse de vouloir servir au mieux les utilisateurs de ses véhicules en important de nouvelles technologies européennes et en augmentant leur fiabilité. Ses idées créatives en matière de service client et de communication permettront d’établir et de consolider la notoriété de la marque.

 

La Croisière Jaune en est un bel exemple.

 

A l’origine du projet

La Croisière Jaune, ou Mission Centre-Asie, est le troisième raid automobile organisé par Citroën après la traversée du Sahara et la Croisière Noire (tous deux en Afrique).

C’est suite au bilan positif en termes de retombées médiatiques de la Croisière Noire qu’il décide de suivre la Route de la Soie en automobile : parcourir 13000 kms entre Beyrouth et Pékin pour traverser l’Asie.

Carte_mission_Centre_-_Asie_Citroen_1931

Plusieurs objectifs à cette mission : démontrer les qualités techniques et la robustesse des véhicules Citroën et leur capacité à aller partout dans le monde, mais aussi ouvrir une nouvelle route commerciale et recueillir des informations scientifiques utiles sur des contrées alors largement ignorées. C’est pourquoi l’expédition comprenait des cinéastes, archéologues, peintres, écrivains, photographes…

 

C’est ainsi que, dès avril 1931, après 3 ans de préparation technique et de négociations diplomatiques, deux groupes prennent le départ, l’un en partance de Beyrouth (groupe Pamir), l’autre de Tianjin, en Chine, avec pour objectif de se rejoindre dans le Xinjiang (non loin du désert de Gobi) avant de revenir à Pékin.

 

Une traversée semée d’embûches

La plus grande partie du voyage se faisant sur des pistes sommaires, à travers déserts et montagnes, et l’équipage comprenant pas moins de 40 membres, il a été décidé d’utiliser des véhicules lourds entièrement démontables et remontables à la main : des autochenilles.

La croisière Jaune de Citroen

Le groupe Pamir rencontre tout de suite ses premières difficultés. La chaleur peut atteindre 50° dans les pays du golfe Persique, ce qui fait évaporer le carburant et réduit la puissance des véhicules.

 

Le relief est une autre difficulté importante. Franchir le col de Burzil dans l’Himalaya, à plus de 4000m, est un véritable défi pour l’équipe. D’ailleurs seules 2 autochenilles feront la traversée. Le col étant enneigé et les rivières glacées, les véhicules n’avancent guère à plus d’1km/h. Et une fois cet obstacle franchi, nouvelle difficulté : suite au glissement d’un pan entier de la montagne, la route a disparue et doit être retracée. Plus d’autre solution que de démonter les autochenilles pour en faire des paquets de 30kg, transportables par les mules. Les véhicules ont pu être ainsi remontés une fois l’obstacle passé pour poursuivre le voyage.

 

Le groupe parti de Chine, quant à lui, connaîtra des difficultés bien différentes, comme une tempête de sable, ou encore l’explosion d’un bidon d’essence qui les oblige à partir à la recherche de carburant, freinant ainsi leur progression. Et pour couronner le tout, l’équipe est faite prisonnière peu après par le maréchal King, le gouverneur local. C’est le groupe Pamir qui viendra négocier leur libération, le tout sur fond de guerre civile dans le pays.

 

Des retombées positives

Malgré les difficultés rencontrées et le décès des suites d’une pneumonie du chef d’expédition Georges-Marie Haardt, survenu peu après l’arrivée à Pékin, le bilan est positif.

 

De nombreuses images ont pu être rapportées de ce voyage ainsi que des films avec prise de son, une prouesse pour l’époque. Un film sortira d’ailleurs en 1934 et rencontrera un grand succès en France et aux États-Unis.

 

Cette expédition est encore aujourd’hui considérée comme l’un des plus grands exploits automobiles du XXe siècle et une belle aventure humaine.

 

Pour en savoir plus, une radiovision retraçant l’évènement :

 

L’histoire Citroën : https://www.citroen.fr/univers-citroen/l-histoire-citroen.html

L'actualité