Open innovation et propriété industrielle : les clés pour comprendre

L’open innovation : tout le monde en parle, beaucoup prétendent en faire, mais nombre de personnes ne connaissent pas ce qui la distingue des autres concepts de collaboration et d’ouverture de l’entreprise.


L’open innovation : tout le monde en parle, beaucoup prétendent en faire, mais nombre de personnes ne connaissent pas ce qui la distingue des autres concepts de collaboration et d’ouverture de l’entreprise.

« Il est vrai que l’innovation ouverte est par bien des aspects un concept un peu fourre-tout dans lequel on peut presque tout faire rentrer pour peu que l’entreprise ne soit pas complètement repliée sur elle-même (ce qui arrive de plus en plus rarement). » dit Julien Pénin, Professeur en sciences économiques à l’Université de Strasbourg et à l’IEEPI en 2015[1].

Parmi les idées reçues : l’open innovation est incompatible avec une stratégie de développement de sa propriété industrielle, ses brevets en particulier. L’idée de cet article est d’ailleurs venue d’un débat à ce sujet.

L’open innovation est également souvent assimilée à l’open source. Cette dernière qui s’applique aux logiciels et aux œuvres de l’esprit, se distingue pourtant en grande partie par la liberté donnée à tout le monde de réutiliser ce qui a été créé.

Dans cet article, nous revenons donc aux fondamentaux : la caractérisation de ce paradigme par son créateur, Henry Chesbrough. Nous donnons ensuite quelques exemples de collaborations qui relèvent de l’open innovation, avant de préciser le lien entre open innovation et propriété intellectuelle. Pour finir, nous présentons les prestations de Brandon Valorisation à même de servir une démarche d’open innovation.

1. Qu’est-ce que l’open innovation d’après Chesbrough ?

 

La notion d’innovation a été développée par Henry Chesbrough au début des années 2000. En 2003, il publie l’ouvrage Open Innovation: The New Imperative for Creating And Profiting from Technology[2]. Enfin, dans un article de 2005[3], il précise le concept et le remet dans son contexte.

L’apport des connaissances externes pour créer de la valeur

Ainsi, il présente le paradigme de l’open innovation comme « l’antithèse du modèle d’intégration traditionnel où les activités de R&D interne mènent à des produits développés en interne qui sont vendus par l’entreprise. (…) L’open innovation est l’utilisation intentionnelle de flux de connaissances internes et externes pour accélérer l’innovation interne et pour étendre les marchés à des usages externes de l’innovation. »

Chesbrough met donc les connaissances, les ressources et les débouchés externes d’une entreprise au même niveau que leurs pendants internes. La R&D est traitée comme un système ouvert. Les idées peuvent venir à la fois de l’intérieur et de l’extérieur et le développement peut être réalisé en interne ou externalisé. Enfin, les fruits de la R&D peuvent accéder au marché via les canaux habituels de l’entreprise ou via de nouveaux moyens : spin-off, joint-venture, concession de licence, etc. Les apports de l’extérieur interviennent donc à toutes les étapes de la chaine de valeur de l’innovation.

Le rôle central du business model

Une autre caractéristique importante de ce paradigme concept est le rôle central du business model comme source de création et de captation de valeur. La finalité de l’open innovation est de soutenir le business model de l’entreprise en captant la valeur par tous les moyens possibles, qu’ils soient internes ou externes à l’organisation. C’est d’ailleurs l’une des différences avec l’open source, où la captation de valeur par l’organisation est minimisée, voire niée, au profit de la création de valeur sur l’ensemble de la chaine de valeur industrielle.

Ainsi, l’open innovation considère que si un projet échoue, il est nécessaire de le reconsidérer pour en tirer de la valeur et identifier de nouveaux marchés potentiels. Cela s’oppose à l’idée selon laquelle si aucune valeur n’est identifiée dans un projet, il doit être abandonné, sans plus de recherche à son sujet.

La propriété industrielle : point d’entrée vers de nouveaux marchés

Concernant la place de la propriété industrielle, Chesbrough est également très clair sur son rôle essentiel. Selon l’auteur, elle soutient l’open innovation en servant de point d’entrée vers de nouveaux business model et vers de nouveaux marchés. Elle doit donc être traitée avec rigueur afin de faciliter la captation de valeur.

 

Schéma de l'Open innovation d'après Chesbrough
Figure 1 : le paradigme de l’open innovation – Brandon Valorisation d’après Chesbrough 2005

 

Cette figure, directement inspirée de l’article de Chesbrough de 20053, illustre le principe de l’open innovation. On voit que le processus d’innovation est perméable. Les échanges avec l’extérieur interviennent à toutes les étapes de la chaine de valeur pour permettre la création de valeur.

Pour en savoir plus, voici le lien vers une interview (en anglais) d’Henry Chesbrough, donnée en 2012 dans le cadre du World Economic Forum : https://youtu.be/02tCs3oKovc.

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2. Quelques exemples d’open innovation

 

Les modalités de mise en œuvre de l’open innovation sont multiples. Chaque entreprise s’approprie le modèle et de nombreux programmes d’accompagnement voient le jour.

Nous présentons ici 3 exemples de mise en application de ce concept.

TESLA[4] – société cotée, américaine :

Comme l’explique Benoit Sarazin4, auteur, ancien directeur marketing de Hewlett-Packard, en 2014, Tesla a donné accès à une partie de ses brevets. Cela répondait à plusieurs objectifs pour l’entreprise :

  • Stimuler l’écosystème de la voiture électrique,
  • Imposer ses propres standards techniques,
  • Revendre des batteries aux autres fabricants de voitures électriques,
  • Inciter les entreprises à développer des technologies complémentaires dont Tesla pourra profiter.

Benoit Sarazin rappelle également que l’ouverture demeure partielle, Tesla conservant secrètes certaines technologies et savoir-faire.

FELCO Motion[5] – PME suisse :

Cette PME suisse spécialisée dans l’outillage a collaboré avec les étudiants du master Innokick. Elle a posé la problématique suivante : « Comment sera faite la taille professionnelle dans 10 ans ? ». Persuadée que la réponse serait un robot de taille, ce n’est pourtant pas ce qu’a montré le travail des étudiants. Ceux-ci ont au contraire mis en évidence l’importance de l’humain, en particulier dans la viticulture. Les besoins des clients de Felco Motion reposaient en l’occurrence davantage sur un outil d’aide à la prise de décision.

Suite à cette collaboration, l’entreprise a décidé de développer un service répondant à ce besoin. Cet axe est en rupture totale avec sa tradition de commercialisation de produits.

IDEX et ENERGIC [6] – ETI et start-up françaises :

Energic a développé une solution de coaching énergétique ludique. Idex est une entreprise de services et d’infrastructures énergétiques. Les activités des deux entreprises sont donc très complémentaires. Elles ont collaboré dans le cadre du programme WAI de BNP Paribas. Ce dispositif accompagne notamment ses membres pour aboutir à une preuve de concept en 6 mois. Idex a apporté à Energic un premier contrat très rapidement. La collaboration s’est poursuivie à l’issue du programme, via l’intégration de la solution Energic à l’offre Idex.

Image d'illustration
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3. Quel est le lien entre open innovation et propriété intellectuelle ?

 

Outre les propos de Chesbrough cités plus haut, Julien Penin, en 20151, soulignait que « la contractualisation de l’ouverture et la protection, en particulier grâce aux brevets, sont souvent nécessaires afin de faciliter l’innovation ouverte. ». De fait, la propriété industrielle (notamment le brevet) permet de protéger ce qui a été développé au préalable par l’organisation. Elle permet également de protéger le fruit de la collaboration. Les contrats de copropriété associés aux brevets permettent de définir les règles d’utilisation de ces technologies par les titulaires des droits.

La propriété industrielle sert donc la stratégie d’open innovation de plusieurs manières :

  • Protéger l’acquis préalable à la collaboration,
  • Protéger les fruits de la collaboration,
  • Générer des revenus (et de la valeur), tant par ce qui a été développé en interne que par ce qui a été développé dans le cadre de la collaboration,
  • Acquérir de nouvelles compétences, de nouveaux produits, en acquérant les droits d’exploitation de technologies brevetées.

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4. Comment Brandon Valorisation peut vous accompagner dans votre démarche d’open innovation ?

 

Brandon valorisation vous accompagne dans votre démarche d’open innovation via trois prestations :

La recherche de licencié, Léonard 

Cette prestation vous concerne si vous :

  • Avez développé une technologie qui ne trouve pas de débouché sur vos marchés traditionnels ;
  • Exploitez une technologie mais pressentez qu’elle comporte d’autres champs d’application, et peut répondre aux besoins d’autres secteurs d’activité ;
  • Maitrisez le marché Européen mais n’avez pas la capacité de vous lancer sur les marchés nord-américain ou asiatique ;

Nous vous aidons à trouver un partenaire industriel qui valorisera votre technologie brevetée sur le secteur d’activité ou le territoire que vous avez identifié. Cette prestation prévoit aussi l’identification des partenaires potentiels, leur approche et les négociations jusqu’à signature d’un d’accord, en France comme à l’international.

La recherche de technologies ouvertes à licence, SeqVana

Vous avez identifié un besoin technologique et supposez que des réponses doivent déjà exister sans savoir comment y avoir accès ?

Avec notre partenaire Brandon IP, conseils en propriété industrielle, nous vous accompagnons dans l’acquisition de licences de brevets qualifiés exploitables par votre société et en adéquation avec vos moyens industriels, humains et vos savoir-faire.

Nous sommes présents à vos côtés depuis la définition des secteurs d’activité et des choix jusqu’à la négociation et l’élaboration du contrat de licence.

La négociation de contrat

Avec notre partenaire Brandon IP, nous sommes également en mesure de vous accompagner pour dans les négociations de contrat de partenariat. Notre expertise concerne en particulier les aspects de propriété intellectuelle, pour aboutir à un contrat équilibré.

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[1] https://www.ieepi.org/paroles-dexperts-julien-penin/
[2] Chesbrough, Henry William., Open innovation: the new imperative for creating and profiting from technology, Harvard Business School Press, 2003
[3] Chesbrough, Henry. « Open innovation: a new paradigm for understanding industrial innovation. » Open innovation: Researching a new paradigm 400 (2006): 0-19. http://www.emotools.com/media/upload/files/Openinnovationparadigm.pdf
[4] https://benoitsarazin.com/francais/2018/04/open-innovation-et-maintien-du-secret-lexemple-de-tesla.html
[5] https://www.bilan.ch/opinions/open_innovation_dans_une_pme_grace_au_programme_innokick
[6] https://www.maddyness.com/2018/12/05/startups-grands-groupes-comment-bien-travailler-ensemble/

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