Margaret Hamilton, la femme qui a offert la Lune à l’Homme

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Publié le 26 mars 2021

Brandon revient aujourd’hui sur la vie de Margaret Hamilton, une informaticienne et ingénieure Américaine restée longtemps inconnue du grand public mais sortie de l’ombre depuis quelques années et désormais reconnue pour ses apports considérables dans la recherche spatiale au sein du MIT (Massachusetts Institute of Technology) pour la NASA.

 

Une passion pour les mathématiques

Margaret Hamilton est née en 1936 aux Etats-Unis. En grandissant, elle se passionne rapidement pour les mathématiques et elle décide de s’y consacrer entièrement. Dans le magazine Wired, elle dira d’ailleurs en 2015 “J’appréciais l’école, mais il y avait quelque chose avec les mathématiques que j’aimais plus que tout”. Et c’est dès l’âge de 22 ans qu’elle obtient son diplôme de mathématiques, Bachelor of Arts, au Earlham College dans l’Indiana.

Image de Margaret HamiltonDeux ans plus tard, en 1960, elle choisit d’intégrer le MIT en tant que programmeuse. Son premier rôle  était alors de développer des programmes informatiques pour la prévision météorologique.

 

A partir de 1961, elle se met à travailler sur le projet militaire SAGE, un système informatique de défense antimissile.

Ses compétences certaines et sa capacité à faire fonctionner un programme “piégé” que personne n’avait réussi à mettre en route, la conduisent jusqu’à la NASA. En 1963, elle intègre le laboratoire Draper du MIT chargé de gérer les logiciels du programme Apollo.

 

La Lune comme objectif

Margaret Hamilton devient donc responsable de l’équipe chargée des logiciels embarqués du programme Apollo.

 

On dit d’elle qu’elle est tellement passionnée par son travail qu’elle ne compte pas ses heures. Elle amène souvent sa fille au bureau, qui s’amuse parfois avec ses simulations (ce qui apparemment s’avèrera très utile pour résoudre un problème sur Apollo 8 !).

 

Image de Margaret HamiltonLa mathématicienne travaille notamment sur un programme de priorisation des tâches, alors que les logiciels de l’époque traitaient toujours les tâches l’une après l’autre, ce qui pouvait devenir problématique en cas d’incident.

 

C’est ce programme qui a été installé sur Apollo 11 et qui a joué un rôle crucial le 21 juillet 1969.

 

En effet, juste avant l’alunissage, les alarmes se déclenchent à l’intérieur du module : le système est surchargé et ne peut plus traiter les données au moment le plus critique. Grâce au logiciel conçu par Margaret, le système « reboote ». Les tâches prioritaires relatives à l’alunissage ont alors repris le dessus sur les tâches moins importantes et la manœuvre a finalement pu se dérouler sans accident.

Sans ce logiciel, le résultat aurait peut-être été tout autre et surtout le “grand pas pour l’humanité” n’aurait peut-être pas daté de 1969.

 

Elle dira de son travail de cette époque “There was no choice but to be pioneers”, il n’y avait pas d’autre choix que d’être des pionniers.

Image de la Nasa : Homme sur la Lune

Autres travaux

Quelques années plus tard, en 1976, Margaret Hamilton quitte la NASA et fonde sa propre société dans le domaine du développement logiciel et de la détection d’erreurs, la Higher Order Software. En 1986 elle fonde Hamilton Technologies et met au point un nouveau langage de programmation, l’USL (Universal Systems Language), pour la conception de logiciels et systèmes complexes. Elle obtient cette année-là un prix de l’Association for Women in Computing.

 

Une reconnaissance tardive

Le travail de Margaret Hamilton ne sera reconnu au plus haut niveau que des années plus tard, en 2003, lorsque la NASA lui remet l’Exceptional Space Act Award pour l’ensemble de ses contributions scientifiques au programme spatial. Elle recevra ainsi 37 200 dollars, la somme la plus importante jamais donnée en récompense à une personne dans l’histoire de la NASA. Depuis, Margaret Hamilton a obtenu d’autres récompenses, dont la Médaille Présidentielle de la Liberté, donnée en 2016 par Barack Obama et qui représente la plus haute distinction civile aux Etats-Unis.

 

Les entreprises Google et LEGO lui ont également rendu hommage à leur façon, LEGO en lui créant une figurine à son effigie et Google en faisant refléter son portrait dans des miroirs sous la lumière de la Lune pour les 50 ans de l’alunissage d’Apollo 11 en 2019.

 

Google, « A moonlit tribute to a moon landing icon » : voir l’hommage ici.

 

De très belles récompenses donc, pour une femme d’exception qui mérite d’être connue.

 

 

Pour en savoir plus sur le travail de Margaret Hamilton pour Apollo 11 (vidéo en anglais – sous-titres français disponibles) :

 

Enfin, nous ne pouvions pas parler de Margaret Hamilton et de son apport dans la recherche spatiale sans évoquer également d’autres femmes qui, à la même époque, ont elles aussi largement contribué aux programmes spatiaux, et ce malgré les obstacles de genre et raciaux. Elles sont plusieurs, et parmi elles nous pouvons citer Mary Jackson, Dorothy Vaughan et Katherine Johnson, toutes trois de grandes scientifiques et (enfin !) héroïnes du magnifique film « Les figures de l’ombre » sorti en mars 2017, que nous vous conseillons vivement.

 

Rappelons à cette occasion que la première femme dans l’espace fut la soviétique Valentina Terechkova (en 1963), mais qu’aucune femme n’a fait partie des équipages qui se sont posés sur la Lune.

 

Bande annonce du film « Les figures de l’ombre » :

 

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